Ce que j’ose penser

Cela fait quelques semaines que Emmanuel Macron a été élu à la présidence de la République. Et déjà, on ne parle plus que des affaires. Ferrand a t’il ou non profité d’un montage financier immobilier douteux ? A en croire la volonté même du Président Macron, les français attendent, comme premier chantier du nouveau gouvernement, une moralisation de la vie politique. Les français peut-être, quoique, on leur fait bien penser ce qu’on veut, mais la France ? Quelques semaines que Emmanuel Macron a été élu, et déjà, elle est la grande oubliée. Déjà, on revient à focaliser notre attention sur des choses certes horripilantes, mais surtout insignifiantes, qui disparaîtront comme elles sont arrivées : en quelques semaines.

Pourquoi ce blog ? Je ne suis pas un journaliste, pas un politique, pas une personne des cercles publics. Pas un conseiller, pas un philosophe, pas un présentateur, même pas un militant. Quoique. J’ai juste commencé à penser le jour ou j’ai quitté le microcosme parisien. Le problème avec la pensée ? Difficile de s’arrêter une fois qu’on a commencé. Je m’offre ici un espace de liberté, à l’heure même ou les comptes Twitter de mes camarades sautent les uns après les autres. De toute manière, on se sent vite à l’étroit en 140 caractères.

On entend souvent que les médias vous empêchent de penser. C’est vrai. Vous pouvez être pour ou contre le mariage homosexuel, pour ou contre l’accord de la COP21, pour ou contre le SMIC. Mais avez-vous bien pesé toutes les implications diverses et variées que ces simples exemples peuvent avoir pour le futur de la société ?
Le mariage homosexuel n’est pas uniquement permettre à ces personnes de vivre plus décemment leur amour. La COP21 pas uniquement de limiter un potentiel changement climatique, le SMIC pas uniquement de permettre aux travailleurs pauvres de l’être un peu moins. Chaque décision, chaque changement a des impacts sur l’ensemble de la société, et ce particulièrement à long terme. L’individualisation croissante et la personnalisation des problèmes de chacun les fait passer sous silence.

Au risque de surprendre, je suis moi-même ce que l’on appelle communément un de ces gagnants de la mondialisation. Parlant plusieurs langues — dont le Chinois –, j’ai pu profiter d’expériences aux 4 coins du monde à des revenus qui me classent d’office dans les pourcentages les plus aisés de la population. C’est pourtant bien cela qui m’a permis d’affiner mon point de vue, et de conforter l’amour que je voue à ma patrie.
La France, pays, il est vrai, minuscule par sa surface et sa population, fragilisé par sa dégringolade dans les classements mondiaux, mais si singulier par son histoire, sa culture, et sa voix dans le monde. Singulier également par sa pensée actuelle — ou tout du moins celle de l’élite dominante –, pensée d’un peuple qui, tout en s’en défendant, se croit infiniment supérieur au reste du monde, et invincible face aux immenses chamboulements en cours et futurs, alors même que cela fera bientôt trois décennies que tous les indicateurs sont clairement au rouge.
Comment ne pas remarquer, lorsqu’on connait la dureté de la compétition mondiale, que notre modèle social dispendieux nous envoie dans le mur. Mur qu’on repousse autant que faire se peut à coup d’immigration massive de ceux qui veulent bien venir dans cette morne économie en espérant que ça nous fera joindre les deux bouts pour un temps encore.
Comment ne pas remarquer, quand on connait l’attachement justifié et compréhensible des différents peuples de la planète à leur culture, leur histoire, et leur identité, que la haine que nous vouons aux nôtres alliée à une ouverture inconsidérée à l’autre quel qu’il soit, signe par là-même notre arrêt de mort.

Quelques élites particulièrement médiatiques sortent du lot. Qu’elles viennent de ma famille de pensée comme Zemmour, ou d’un schéma opposé comme Onfray, elles traduisent un début de prise de conscience. Las, leurs efforts sont la plupart du temps réduits à néant par la puissance médiatique, qui tourne en rond d’une voix monocorde, lancée en roue libre sur la défense d’un progressisme devenu fou qui ne trouve plus dans la vie réelle aucune justification.
Je n’ai ici la prétention de rien. Simplement de relater ce que la marche du monde et de ma patrie m’inspire, essayer de réagir en conséquence, mais surtout, en toute liberté, et me permettre de dire ce que j’ose penser.

Laisser un commentaire