Mais non, ce n’est pas un appel au meurtre

Je viens de me faire sanctionner par Twitter. La punition ? 12 heures au coin, privé du réseau social . Je peux lire les tweets, mais je suis prié de la fermer pour ne plus émettre de pensée non politiquement correcte.

La raison ? Ce tweet. Ce tweet, qui cite une femme souhaitant retourner dans « son » pays, après être partie rejoindre les rangs de Daesh. Et moi qui pense que, dans ce cas, le seul accueil qu’on aurait du lui préparer serait celui de la guillotine (ou du peloton d’exécution, au choix).
Et je persiste et signe. Ce n’est pas un appel au meurtre bien sûr, mais un appel à la justice. Je ne souhaite évidemment pas qu’un vengeur masqué aille dans la rue couper la tête de cette ignoble femme. Je suis pour l’état de droit. Et en temps de guerre, l’état de droit, — civil ou militaire –, devrait se doter des moyens aptes à assurer notre défense et notre cohésion en tant que Nation.

Je conçois tout à fait qu’on puisse être en désaccord avec mon appel à la peine de mort martiale. Je revendique même à ceux qui le sont le droit fondamental de défendre leur conviction, tout comme je défend la mienne. Mais je m’offusque qu’on m’empêche de le dire. Je m’offusque que dans ce monde, tous les réseaux sociaux populaires soient l’oeuvre de sociétés privées Californiennes dont la démagogie, l’engagement politique militant, et les penchants dictatoriaux sont de plus en plus présents, dans cet Etat Américain qui à lui seul est une définition de ce qu’est la gauche tarée. Ces gens, millionnaires, multimillionnaires, vivent et sont assurés de vivre bien loin de toute la merde que leur inconséquence crée dans votre quotidien.

J’ai évidemment supprimé mon tweet, comme Big Brother me le demande. Sinon quoi ? Sinon, ils supprimeront mon compte, et puis ce sera tout. Et il existe peu d’autre moyen simple de me faire entendre.
Mon tweet est supprimé, mais soyez certains d’une chose : ma conviction n’en sort que renforcée, ainsi que ma détestation de votre façon de procéder.

Plaidoyer contre la voiture autonome

Avant de commencer, j’assume entièrement les relents de « C’était mieux avant » qui sortiront de cet article. Je le revendique même. On sait depuis la première guerre mondiale que le progrès, fusse-t’il technologique, n’est pas toujours pour le mieux.

Pourquoi, parmi tous les changements qui surviennent de toutes parts, me concentrer sur la voiture autonome ? Sûrement parce qu’elle s’annonce comme une innovation majeure de cette première moitié du XXIeme siècle, sûrement également car elle incarnera une des premières applications de l’intelligence artificielle dans la vie de tous les jours.

Depuis l’émergence des start-up, il est clair qu’un des objectifs de ces nouvelles entreprises est de nous éviter tous les petits tracas et corvées que nous impose la vie quotidienne. Et la conduite en est une. Hormis quelques passionnés d’automobile (qui existent de moins en moins, mais dont je fais malgré tout partie), qui osera défendre le fait que conduire de chez-soi jusqu’au travail sur une autoroute bouchée est une partie de plaisir ?
Et pourtant, ces corvées, qui sont autant de moments où nous effectuons des tâches à très faible valeur ajoutée, font partie des choses qui nous permettent d’être pour un instant autre chose qu’un producteur au travail ou un consommateur. Car là se trouve tout l’intérêt de cette innovation, transformer ce temps où nous sommes occupés en temps inoccupé.

Par définition, une voiture est une boîte fermée individuelle, dotée d’éléments de confort, de distraction, et surtout, une boîte ou vous devrez quoi qu’il arrive rester une certaine durée sans autre activité que ce qui vous sera proposé. Du pain béni pour tous ceux qui sont à la recherche du « temps de cerveau disponible ».
Et votre temps de cerveau, ils comptent bien en profiter. En amenant une connexion, la TV, des jeux, et donc des publicités d’un côté, vos e-mail voir vos réunions en vidéo-conférence de l’autre. Objectif : faire de vous le consommateur que vous n’êtes pas encore assez, jusqu’a l’overdose.

Et tant pis pour le paysage, pour ce plaisir qu’on prend au hasard d’un trajet inédit, à découvrir de nouveaux paysages, un village inconnu, à ces secondes de plaisir qu’on s’accorde en décidant de prendre une route qui a l’air plus jolie, ou alors une autre qui attise notre curiosité.
Le GPS avait entamé à la poésie de la conduite, la voiture autonome lui portera le coup fatal.

Mieux, on sait pertinemment que lorsque la technique permet de réaliser un business, alors celui-ci apparaît. Dès lors, la voiture décidant pour vous, comment ne pas imaginer que le constructeur ainsi que ses partenaires tireront parti du trajet en lui-même ? Il sera tellement plus intéressant pour eux de vous faire incessamment passer devant ce nouveau centre commercial jusqu’à ce que germe en vous l’idée de vous y arrêter, ou bien de vous proposer lorsque vous entrerez l’adresse du restaurant ou vous souhaitez vous rendre, un autre lieu avec lequel ils auront passé un accord commercial.

De la même manière, lorsque le politique a un pouvoir — souvent bien appuyé par les lobbys — il l’utilise en général jusqu’au bout. Je n’ai aucun doute que lorsque la voiture autonome sera suffisamment installée, de la même manière qu’ils sont en train d’interdire les autos anciennes dans les centres-villes, ils interdiront peu à peu la voiture à conduite manuelle. D’abord sur les autoroutes, d’abord au nom de la sécurité évidemment. Puis, progressivement, ce sera votre liberté de vous déplacer comme vous l’entendez qui sera supprimée.

La voiture sait mieux que vous, laissez-vous donc guider !

 

Mais qui Macron représente-t’il ?

J’ai beau faire partie de ceux qui sont plutôt des gagnants de la mondialisation, j’ai du mal à me retrouver dans le discours d’Emmanuel Macron. Ma réussite me semble bien modeste, et puis, bien que je sois encore loin de mes 50 ans, je n’ai pas de Rolex. Pas plus que je n’ai de voiture SUV, d’iPhone 7, de chemise Armani, ou que je voyage avec la Business Jet-Blue Airfrance. D’ailleurs, toutes ces choses ne m’intéressent pas.

Quelques créateurs de start-up soutiennent ouvertement Macron, et leur soutien est logique. Mais ils se seraient tout à fait autant accomodés de Fillon, voir de Marine le Pen ou Mélenchon. L’élection de Trump est loin d’avoir stoppé le phénomène des entreprises-capital-risque aux Etats-Unis. Au contraire, les valeurs technologiques ont bondi de plus de 30% depuis son élection.
« Faire-avec » le pouvoir en place est leur métier, et il serait idiot de sous-estimer, ces gens réellement talentueux pour créer beaucoup à partir de rien, contre vents et marées.

Mais qui se retrouve t’il donc dans ce qu’incarne Macron ? Si il est évident qu’il ne peut parler à la France profonde, traditionnelle, réelle, authentique et ancrée, il peut en revanche s’adresser à celle qui se trouve à mi-chemin entre les deux.
Celle qui rêve de tout ce matérialisme sans pouvoir toutefois le toucher du doigt. Macron leur vend son accessibilité, le projet de devoir choisir entre être un gagnant ou un perdant, et de se projeter évidemment dans la première catégorie à moindre frais.
Cette France, c’est celle qui se gave de séries Américaines où tout le monde est éternellement jeune et riche, celle qui lit les magazines où les stars se font prendre en photo devant des murs couverts de logos de marques. Celle qui fait des crédits à la consommation pour pouvoir paraître un ou deux rangs plus haut.
Cette France, on lui a appris qu’elle a droit à ce qu’il y a de plus beau, de plus luxueux, car elle le vaut bien. On lui a expliqué qu’en tant qu’individu, elle est unique, que cette unicité vaut de l’or à elle seule. On lui a répété qu’il est normal que le monde entier rampe devant ses pieds et cède à tous ses caprices. On lui a appris à toujours tout négocier, toujours tirer la couverture, ne jamais accepter moins que la valeur qu’on se donne.

Comme dans toutes les générations, comme dans tous les peuples, il y aura des gens meilleurs que d’autres. Dans tous les domaines. Ceux-là n’auront pas besoin de Macron pour prouver leur talent. Les autres subiront le même désenchantement que Sarkozy a provoqué en son temps.
Car cette France, qu’elle le veuille ou non, elle restera celle des classes inférieures à qui on a arraché un vote comme on vend un ticket de loto.

Celle des beaufs à qui on a réussi à occulter la réalité pour un instant.

Indignez-vous !

Il n’y a pas de honte à se sentir révolté par rapport à ce qu’on voit. Aucune culpabilité à avoir quand on se rend compte qu’en France, hier était bien plus beau qu’aujourd’hui, qui lui même semble être moins noir que demain. Aucune complaisance n’est nécéssaire face à ceux qui, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, cherchent à vous imposer leur vision manichéenne du bien et du mal, et qui se complaisent à balayer d’un revers de main tout ce que vous chérissez en vous ricanant au nez.

Paris était au sommet du monde en 1910. La ville qui a vu rouler la première automobile à combustion, naître la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la capitale du pays de Maupassant et de Renoir, dont la beauté et l’intelligence insolente justifiaient largement sa place au sommet de l’échelle. Qu’en ont-ils faits ?
Balayée, notre bienséance, nos bonnes manières, notre élégance. Place aux niques ta mère sale tepu.
Oubliée, la place ou tout se créait. A tout réglementer, encadrer, normaliser, ils ont fait de Paris la banlieue de Londres, New-York ou Berlin.
Terrassé, notre art de vivre populaire, dont les acteurs se sont fait bouffer par les charges qui pèsent sur eux et la dépense publique folle — pour quel résultat –, et auquel la nouvelle génération ne s’intéresse même plus, oscillant entre MacDoKébab, cinéma Hollywodien et pop-stars Américaines d’une vulgarité absolue.

Ne pensez pas que le peuple ne ressente pas tout ça. Devant une telle décadence, les faits tragiques comme divers deviennent une bombe à retardement : des migrants clandestins qui pourrissent tout ce qu’ils touchent, des impôts qui augmentent encore — à se demander comment c’est possible –, des enfants d’immigrés qui s’amusent à saboter les bouches à incendie, ou encore les représentants de la République sans cesse humiliés voir agressés. La moindre étincelle est à deux doigts de faire exploser un peuple monté à cran qui n’en peut plus de voir tout ce qui le tire vers le bas sans cesse justifié, voir encensé, par l’auto-flagellation de l’élite néo-gauchiste.

Face à un tel acharnement contre nous et notre pays, l’indignation, à défaut d’être suffisante, est désormais plus que nécéssaire.

Le peuple des Patriotes n’existe pas

Ca devait être la stratégie ultime. Depuis 2005 et le séisme du referendum rejeté de peu par la population, c’était évident, un nouveau clivage devait apparaître : les Mondialistes, sous-entendu favorables à ce referendum contre les Patriotes, qui seraient ceux qui l’ont rejeté. Et cerise sur le gâteau, on a maintenant la preuve que ce peuple-là est majoritaire en France.

Oui mais voilà, patatras, rien n’a fonctionné comme prévu. Le Front National, mué à l’occasion en mouvement Patriote, devait mathématiquement passer en position de l’emporter : mouvance majoritaire du Non, Union Européenne qui suscite 12 ans après encore bien plus de défiance, et une économie qui ne s’est jamais remise de la crise de 2008, contrairement au reste de la planète. Dans ces conditions, le résultat de la présidentielle, puis des législatives, a été une douche froide. Contre toute attente, si Marine le Pen représentait bien un courant fort en France, elle n’est pas sortie grande gagnante de ce premier tour :

C’est plutôt la confusion généralisée qui règne et un pays divisé en quatre forces à peu près égales qu’une adhésion claire et nette du peuple à un projet en particulier. Marine le Pen y a été la représentante d’un segment politique jusqu’alors inoccupé : celui des conservateurs-étatistes, qui voient l’avenir de la Nation assuré par la force de l’Etat. Il s’agit là d’un revirement total par rapport à la vision de Jean-Marie-le Pen, qui aurait été sur une ligne « Filloniste dure ».

Les conservateurs-étatistes n’ont pourtant pas été créé ex-nihili, pas plus que le nom Patriote choisi par hasard. Hérités des révolutionnaires, ils se heurtent frontalement aux Nationalistes de Jean-Marie le Pen dont le courant se revendique ouvertement Vendéen.

Une part significative des électeurs dits conservateurs de droite ont préféré s’abstenir ou reporter leur voix sur François Fillon, plus proche de leurs idées. Marine le Pen le sait, et sa stratégie a été de combler ce déficit par un report de voix venant de la gauche Patriote, convaincue que l’apport serait supérieur à la perte de voix venant de la droite.

Problème évident, les sympathisants Nationalistes / Patriotes se retrouvent divisés, les premiers acceptant assez mal les trahisons successives de leurs idéaux pour mieux plaire aux seconds, les seconds n’ayant aucune envie de cohabiter avec les premiers.
Comment imaginer pouvoir rassembler sous une même bannière les héritiers du communisme des années 70 et les nationalistes qui les ont combattus ?
Comment mettre d’accord ceux qui pensent que l’Etat doit être le coeur de notre stratégie avec ceux qui pensent qu’il est l’ennemi de la Nation ?
Comment mettre d’accord ceux qui pensent que les problèmes sont avant tout politiques et financiers avec eux qui y voient une profonde question de civilisation ?
Si il est évident qu’il existe des points de convergence, ils sont malheureusement une exception face à l’incompatibilité totale de vision du monde, de la société, et de son évolution. Aller contre l’histoire est rarement une bonne idée, la fracture séparant ces deux branches étant une réalité historique, leurs principes souvent irréconciliables.
A l’heure de la droitisation des esprits et du retour en grâce des identités et des valeurs, la porte était pourtant enfin grande ouverte pour un rapprochement des droites et une construction d’une alliance qui, à défaut de pouvoir gagner, aurait eu une importance suffisante pour peser lourdement sur le débat politique. Marine le Pen a décidé de la claquer et de choisir la direction opposée.

Le gâchis est immense.

Merci Président !

« Emmanuel Macron a révolutionné la politique ! »
Cette analyse m’a été difficile à entendre pendant toute la campagne. J’étais de ceux qui étaient sincèrement persuadés que la baudruche Macron se dégonflerait avant la présidentielle, puis entre les deux tours, puis avant les législatives, puis… il faut bien l’avouer, jamais. Ou tout du moins, pas tout de suite. Il va falloir s’y habituer, le système Macron est là pour 5 ans au minimum, et on a maintenant la preuve que ce qu’il a construit repose sur des bases solides.

Si on prend un peu de hauteur, cela n’est en fait pas si surprenant que ça en a l’air. Dans notre Américanisation — qui va lentement, mais sûrement –, nous venons simplement de recréer le parti démocrate d’Hillary Clinton, dont les Français sont reconnus être de fervents soutiens, et qu’on se plaît justement à situer entre la gauche et la droite Française.

Pour autant, sur le long terme, cet électrochoc pourrait bien se révéler être salvateur pour notre débat public, qui, depuis 1983, a glissé de plus en plus dans une sorte de centrisme bienveillant et progressiste, le Macronisme avant l’heure. Cette logique qui consiste à dire que si on met toutes les idées (socialement acceptables bien sûr, n’imaginez pas que celles du FN aient droit de cité ici) dans un grand pot, qu’on secoue très fort, et qu’on en ressorte la ligne médiane, alors nous serons dans la vérité absolue, seule voie possible.

Donner enfin un nom, un appareil, et un chef à cette pensée jusqu’alors incarnée par le très médiocre Bayrou est la meilleur chose qui pouvait lui arriver, et nous arriver.
En premier lieu, pour enfin clarifier la situation de tous ces élus, qui se disent de droite, qui se disent de gauche, mais qui se retrouvent surtout dans cette famille. Sans aller jusqu’à les traiter de traîtres infâmes, ce qu’ils sont à l’égard de leurs électeurs, leur famille d’origine, mais peut être pas leurs idées, on ne peut que se réjouir qu’enfin, ils cessent de se mentir et rejoignent un parti qui incarne leur ligne actuelle. Dehors les le Maire, Lefebvre, les le Drian, Collomb et bien d’autres.
En second lieu, car la faire se frotter à la réalité du pouvoir sera la meilleur manière de casser la quasi-religion qui s’est vouée autour de cet auto-proclamé camp du bien.
En troisième lieu enfin, car sur les ruines qu’il restera de part et d’autre, quelque chose ré-émergera. A gauche de Macron, on revendique enfin être clairement de gauche, comme le clame inlassablement Gérard Filoche. Certains en parleront mieux que moi, regardons-donc plutôt à droite.

Clairement, c’est un cataclysme. Les deux principaux partis sensés incarner la droite, les Républicains et le Front National, vont au devant de quelques mois bien difficile.
Les Républicains d’abord, parce que désormais sans chef et sans réelle vision, les querelles d’égo de ceux qui sont restés vont apparaitre. La ligne de fracture des deux droites présentes dans le parti — Orléaniste et Bonapartiste — va resurgir et provoquer moult débats.
Plus grave, la situation du Front National. Marine le Pen a beau essayer de gesticuler pour sauver les meubles, ce parti, littéralement explosé entre deux camps qui s’adressent à peine la parole, va devoir régler ses comptes. Il ne tenait jusqu’à présent que par la légitimité naturelle de Marine le Pen, totalement anéantie en à peine deux heures de débat face à Macron.

De ce champ de ruines ne pourra renaître que quelque chose de neuf. La France de droite n’a pas disparue, elle est simplement groggy. Débarrassée de toutes les forces qui la tiraient vers le centrisme, elle pourra au contraire se reconstruire librement et sans complexe. Comme dans toute innovation de rupture, les anciens grands acteurs en place, qu’on croyait inébranlables, pourraient bien laisser la place à un nouveau venu, qui n’existe peut-être pas encore, ou alors à l’état d’embryon. Enfin une opportunité de se débarrasser des Républicains, dont la proximité avec le PS a dégouté plus d’un électeur de droite. Enfin une opportunité de dépasser le Front National, dont la structure de PME Le Pen est aujourd’hui un frein aux idées qu’il défend. Le SIEL, dans cette logique, représente un positionnement voué à un bel avenir, celui de devenir le barycentre de l’union des droites, forçant ce qui restera des autres à discuter ensemble.

Ce que j’ose penser

Cela fait quelques semaines que Emmanuel Macron a été élu à la présidence de la République. Et déjà, on ne parle plus que des affaires. Ferrand a t’il ou non profité d’un montage financier immobilier douteux ? A en croire la volonté même du Président Macron, les français attendent, comme premier chantier du nouveau gouvernement, une moralisation de la vie politique. Les français peut-être, quoique, on leur fait bien penser ce qu’on veut, mais la France ? Quelques semaines que Emmanuel Macron a été élu, et déjà, elle est la grande oubliée. Déjà, on revient à focaliser notre attention sur des choses certes horripilantes, mais surtout insignifiantes, qui disparaîtront comme elles sont arrivées : en quelques semaines.

Pourquoi ce blog ? Je ne suis pas un journaliste, pas un politique, pas une personne des cercles publics. Pas un conseiller, pas un philosophe, pas un présentateur, même pas un militant. Quoique. J’ai juste commencé à penser le jour ou j’ai quitté le microcosme parisien. Le problème avec la pensée ? Difficile de s’arrêter une fois qu’on a commencé. Je m’offre ici un espace de liberté, à l’heure même ou les comptes Twitter de mes camarades sautent les uns après les autres. De toute manière, on se sent vite à l’étroit en 140 caractères.

On entend souvent que les médias vous empêchent de penser. C’est vrai. Vous pouvez être pour ou contre le mariage homosexuel, pour ou contre l’accord de la COP21, pour ou contre le SMIC. Mais avez-vous bien pesé toutes les implications diverses et variées que ces simples exemples peuvent avoir pour le futur de la société ?
Le mariage homosexuel n’est pas uniquement permettre à ces personnes de vivre plus décemment leur amour. La COP21 pas uniquement de limiter un potentiel changement climatique, le SMIC pas uniquement de permettre aux travailleurs pauvres de l’être un peu moins. Chaque décision, chaque changement a des impacts sur l’ensemble de la société, et ce particulièrement à long terme. L’individualisation croissante et la personnalisation des problèmes de chacun les fait passer sous silence.

Au risque de surprendre, je suis moi-même ce que l’on appelle communément un de ces gagnants de la mondialisation. Parlant plusieurs langues — dont le Chinois –, j’ai pu profiter d’expériences aux 4 coins du monde à des revenus qui me classent d’office dans les pourcentages les plus aisés de la population. C’est pourtant bien cela qui m’a permis d’affiner mon point de vue, et de conforter l’amour que je voue à ma patrie.
La France, pays, il est vrai, minuscule par sa surface et sa population, fragilisé par sa dégringolade dans les classements mondiaux, mais si singulier par son histoire, sa culture, et sa voix dans le monde. Singulier également par sa pensée actuelle — ou tout du moins celle de l’élite dominante –, pensée d’un peuple qui, tout en s’en défendant, se croit infiniment supérieur au reste du monde, et invincible face aux immenses chamboulements en cours et futurs, alors même que cela fera bientôt trois décennies que tous les indicateurs sont clairement au rouge.
Comment ne pas remarquer, lorsqu’on connait la dureté de la compétition mondiale, que notre modèle social dispendieux nous envoie dans le mur. Mur qu’on repousse autant que faire se peut à coup d’immigration massive de ceux qui veulent bien venir dans cette morne économie en espérant que ça nous fera joindre les deux bouts pour un temps encore.
Comment ne pas remarquer, quand on connait l’attachement justifié et compréhensible des différents peuples de la planète à leur culture, leur histoire, et leur identité, que la haine que nous vouons aux nôtres alliée à une ouverture inconsidérée à l’autre quel qu’il soit, signe par là-même notre arrêt de mort.

Quelques élites particulièrement médiatiques sortent du lot. Qu’elles viennent de ma famille de pensée comme Zemmour, ou d’un schéma opposé comme Onfray, elles traduisent un début de prise de conscience. Las, leurs efforts sont la plupart du temps réduits à néant par la puissance médiatique, qui tourne en rond d’une voix monocorde, lancée en roue libre sur la défense d’un progressisme devenu fou qui ne trouve plus dans la vie réelle aucune justification.
Je n’ai ici la prétention de rien. Simplement de relater ce que la marche du monde et de ma patrie m’inspire, essayer de réagir en conséquence, mais surtout, en toute liberté, et me permettre de dire ce que j’ose penser.